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picto Pourquoi déclarer les avortements en élevage bovin ?

Quelle est exactement votre obligation réglementaire ?

Légalement un avortement est défini comme l’expulsion d’un fœtus  ou d’un veau, soit né mort, soit mourant dans les moins de 48 h après sa naissance ; cette définition inclut les fœtus de plus de 42 jours nés avant terme, viables ou non.

Selon la loi, tout avortement d’un bovin doit être déclaré au vétérinaire sanitaire de l’élevage, afin qu’il recueille les commémoratifs pour analyser la situation épidémiologique et réalise des prélèvements (prise de sang au moins, parfois écouvillon du col) pour rechercher la brucellose uniquement ; cette visite doit être réalisée rapidement. Elle est prise en charge par l’Etat et totalement gratuite pour l’éleveur !


Ne pas déclarer un avortement, c’est prendre un risque pour son troupeau !

Pourquoi la déclaration d’avortement est-elle si souvent oubliée ?

 

Les raisons de cette sous déclaration sont nombreuses et souvent combinées : « La recherche sérologique brucellique revient – presque - toujours négative (heureusement !), ça ne sert à rien ! », « La brucellose est une maladie du passé qui se manifeste par des avortements en série », « La prophylaxie annuelle suffit ! », « L’éleveur n’a pas le temps ! », « La vache a subit un choc (transport, coup de corne, bousculade, chute)… », « Le vêlage a été dystocique »… Toutes les excuses sont bonnes, parfois !…

Finalement, il est courant que l’éleveur pense à déclarer enfin les avortements quand leur nombre lui semble anormal ou que plusieurs avortements ont lieu sur une courte période.

Option idéale pour laisser à une éventuelle maladie infectieuse le temps de s’installer tranquillement dans le troupeau !


La prophylaxie a fait quasiment disparaître la brucellose… Ce qui ne signifie pas que tout danger est définitivement écarté !

La brucellose a-t-elle vraiment disparu ?

 

Pas vraiment, et ce dispositif de surveillance a fait la preuve de son efficacité récemment, en 2012, quand un cas de brucellose bovine a été confirmé en  Haute-Savoie  grâce à l’analyse réalisée à la suite de la déclaration d’un avortement.

Cette même année, un autre élevage français du Pas-de-Calais a été déclaré infecté par l’achat d’un bovin brucellique provenant de Belgique et a subit un abattage total.

 

Jusqu’en 1980, la brucellose était la 1ère cause d’avortement ; grâce aux nombreuses années de prophylaxie et au dispositif de surveillance mis en place en 1965, la France est actuellement déclarée « officiellement indemne » de cette maladie depuis 2005. Ça ne signifie pas que la maladie a complètement disparu mais qu’elle est suffisamment bien contrôlée pour ne pas représenter un risque dans les transactions commerciales !

La perte de ce caractère indemne, lors de foyers non maitrisés ou non rapidement circonscrits, aurait de graves conséquences économiques, perturbant les exportations d’animaux, de leur viande ou des produits laitiers.

 

 

 

 


Mais déclarer les avortements a d’autres avantages !

 

En plus de la recherche de brucellose, la visite du vétérinaire sur déclaration d’avortement est une occasion formidable d’explorer très tôt le risque d’émergence d’une maladie infectieuse dans votre troupeau. Il vous est en effet possible de demander des analyses de recherche d’autres maladies abortives, beaucoup plus courantes et non moins pénalisantes : BVD, néosporose, fièvre Q, chlamydophilose, salmonellose, listériose…

Celles-ci sont à votre charge, mais la visite est déjà réglée… sans compter que certains GDS prennent en charge tout ou partie du diagnostic différentiel des avortements. Renseignez-vous !

 

 

Que faire d’autre quand je constate un avortement ?

 

Si les avortements sont sous-déclarés, l’isolement de la femelle concernée en attendant les résultats de laboratoire est encore plus rare ! Et pourtant !... Il est essentiel pour limiter les risques de contamination éventuelle, des autres animaux, voire des humains. Car la brucellose, la listériose, les salmonelloses sont des zoonoses parfois très graves, transmissibles à l’homme par contact direct avec les animaux atteints ou par la consommation de leur lait.

 

Des mesures sanitaires peuvent être mises en place dès la suspicion afin de limiter la contamination au sein du troupeau et vers les autres troupeaux : le lait des vaches avortées ne doit pas être livré jusqu’au retour du résultat négatif et la fin des écoulements vaginaux ; de même, si l’animal présente des signes cliniques, c’est-à-dire s’il est malade, il ne doit pas être présenté à l’abattoir. L’avorton et la délivrance doivent être collectés et détruits par l’équarrissage et non pas déposés sur le fumier auquel les chiens, chats, oiseaux pourraient accéder.

 

N’oubliez pas non plus de prendre toutes les précautions d’hygiène qui s’imposent : mettre des gants pour aider la vache à mettre bas, la délivrer ou manipuler l’avorton, et désinfecter votre local de vêlage.


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